Genest-Richard, Pascal Doctorat sur mesure en agroécologie


: Doctorat
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Pascal est agronome, il est titulaire d'un bac en génie agricole et d'une maîtrise sur les politiques publiques agricoles. Ayant joué le rôle d'administrateur au sein de trois entreprises agricoles collectives, il a fait des représentations à la régie des marchés agricoles, à la table de développement de l'agriculture de proximité, à la révision de la norme biologique canadienne et à la politique bioalimentaire québécoise. Il a aussi travaillé sur des fermes, géré sa propre ferme (poulet et oeufs au pâturage, cidre) et travaillé comme inspecteur pour la certification bio. 

Entre 2022 et 2025, Pascal a réalisé une thèse de doctorat sur mesure en agroécologie, sous la direction de Caroline Halde qui dirige le Laboratoire d’agroécologie de l’Université Laval avec une codirection de Nicolas Devillers (AAC) et Patrick Mundler. 

L'objectif de la thèse était d’évaluer l’adéquation des fermes d’élevage alternatif avec les principes de l’agroécologie dans le contexte québécois. Trois groupes de fermes ont été mis en évidence, qui se distinguaient sur les plans de la densité animale, de leur dépendance aux intrants, de leur impact sur les cycles de nutriments, de leur efficacité dans l’utilisation des terres et de la productivité économique du travail. Le groupe « Intensif », caractérisé par une forte densité animale et une forte proportion d’animaux monogastriques nourris aux aliments concentrés produits ailleurs que sur la ferme, avait des performances économiques faibles et d’importants surplus minéraux. Le groupe « Extensif », caractérisé par un élevage principalement bovin au pâturage, présentait de faibles surplus minéraux et une bonne productivité économique du travail. Le groupe « Économe » regroupait des fermes s’adonnant aussi à la culture de végétaux, au remplacement d’une partie de l’alimentation des animaux monogastriques par des déchets ou sous-produits alimentaires, et à la transformation à la ferme. Les fermes de ce dernier groupe, bien que très différentes les unes des autres, utilisaient les ressources à leur disposition de façon plus optimale, améliorant leur performance économique et environnementale.

Ces groupes ont servi à la création de trois fermes modèles virtuelles, à raison d’une ferme par groupe, pour la modélisation des flux d’azote entrants et sortant des fermes, ainsi que de leurs émissions de GES. Cette modélisation a fait ressortir que l’élevage bovin extensif au pâturage est très émetteur de GES mais n’est que peu perturbateur du cycle de l’azote. Réciproquement, certains élevages perturbant davantage le cycle de l’azote peuvent le faire en émettant moins de GES, comme ceux remplaçant une part de l’alimentation de leur troupeau porcin par des résidus alimentaires. Ces nuances démontrent l'importance d’utiliser plusieurs indicateurs de performances environnementales pour guider les choix de conduite d’élevage et de trouver des compromis. Elles démontrent aussi, à la lumière des analyses liées à la production de protéines et à l’utilisation des terres, l’importance de raisonner en fonction du potentiel agricole des sols et de leur capacité à recycler les nutriments. 

Sur le plan économique, l’élevage de plusieurs espèces animales et la mise en marché via différents canaux, le plus souvent directement aux consommateurs, est en phase avec les principes de connectivité et de diversification économique de l’agroécologie. Les agriculteurs et agricultrices opèrent à petite échelle et attestent d’un travail généralement satisfaisant et bien aligné avec leurs valeurs. Par contre, ils et elles ont de faibles revenus nets malgré des prix de vente supérieurs à ceux obtenus par les fermes conventionnelles. De plus, les agriculteurs et agricultrices se sentent déconnectés des processus décisionnels de gouvernance de leur territoire et des systèmes alimentaires auxquels ils et elles prennent part.

En somme, plusieurs caractéristiques des fermes d’élevage alternatif québécoises contribuent à satisfaire les principes de l’agroécologie, surtout sur le plan socioéconomique. Certaines de leurs pratiques permettent de minimiser leurs impacts environnementaux, mais ces pratiques d’élevage ne peuvent prétendre remplacer celles existantes en élevage conventionnel si un même niveau de production devait être maintenu. Nos résultats montrent donc indirectement la pertinence d’une transition vers une diminution importante de la production animale au Québec. 

La thèse de Pascal composée de quatre articles, tous publiés, est disponible ici 



Niveau d'étude

Doctorat